Raissa AndhumInsidens réalise en ce moment la 4ème édition du Baromètre des déchets© de Mayotte. Cette grande enquête annuelle sur la gestion des déchets et la propreté du territoire permet de suivre au fur et à mesure des années, l’évolution de l’opinion des habitants de l’île sur ces sujets, et surtout de mieux connaître leurs attentes et leurs besoins. Raissa Andhum, 3ème Vice-Présidente du Conseil Départemental, chargée de l’aménagement et du développement durable, Conseillère départementale du canton de Koungou, nous explique en quoi cette action est essentielle pour le territoire et son travail au quotidien.

Insidens : Le baromètre est-il devenu pour vous un outil de statistique utile à la mise en place des politiques publiques urbaines de propreté et collecte des déchets ?

Raissa Andhum : Ce qui est important aujourd’hui, c’est la prise de conscience des pouvoirs publics et des administrés de la problématique des déchets sur le territoire. Toute action mise en place pour résoudre rapidement le problème, sensibiliser la population ou éventuellement recueillir les attentes des uns et des autres est une bonne chose. Au vu de la situation dans laquelle nous sommes la primauté réside dans la mise en place d’outils techniques et opérationnels par rapport à la gestion des déchets, ainsi, nous ne devons exclure aucun vecteur possible.

Insidens : Que retenez-vous des précédentes éditions ?

R. Andhum : Je constate que les mahorais se sentent de plus en plus concernés par la gestion des déchets. Naturellement, le mécontentement est très important. Il y a un fort taux d’insatisfaction concernant la propreté du territoire. Néanmoins, les habitants reconnaissent qu’il y a des changements en cours menés par les professionnels concernant notamment le tri sélectif et la valorisation des déchets, même si pour l’instant, elle ne s’opère pas sur l’ensemble du territoire.

Insidens : En 2015, 66% des personnes interrogées déclaraient être d’accord avec l’idée que que la gestion des déchets était en train de changer (contre 54 % en 2014). Pensez-vous que cette perception aura beaucoup évolué cette année ?

R. Andhum : Il y a un effort considérable de la part des pouvoirs publics qui doit être mené pour qu’on parvienne un jour à avoir des espaces publics propres. Il est également nécessaire d’identifier les bons outils pour impliquer la population dans les gestes écocitoyens. Toute notre énergie doit converger vers cet objectif. Le jour où il sera atteint, cela se verra et se sentira.

Insidens : Le Conseil Départemental est en charge de l’élaboration des fonds européens. En quoi le baromètre en tant qu’étude est-il utile à l’élaboration de vos programmes ?

R. Andhum : Les plans ont défini les programmations nécessaires. Chaque plan détermine les actions à mettre en œuvre et les coûts engendrés. Le baromètre peut être appréhendé comme étant un outil qui permettrait d’ajuster la politique déjà définie étant donné que les études permettent d’affiner la nature des réajustements ou des corrections à mettre en place.

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