Photovoltaïque, une source d’énergie prometteuse pour l’île de Mayotte ?

108350723Située au cœur de l’Océan Indien et bénéficiant d’un climat tropical, l’île de Mayotte dispose d’un ensoleillement exceptionnel, qui en fait une bonne candidate au développement de l’énergie photovoltaïque. Ainsi, la part d’énergie renouvelable, et plus particulièrement la part d’énergie solaire, augmente petit à petit dans le mix énergétique mahorais, passant de 1,4% en 2011 à 5,6% en 2014.

Plusieurs facteurs indiquent d’ailleurs que ce mode de production va continuer à croître : l’augmentation du coût des hydrocarbures, la volonté des pouvoirs publics de réduire la dépendance énergétique, la diminution du coût et l’amélioration de l’efficacité énergétique des panneaux solaires… Parallèlement, le gouvernement français propose une ambitieuse programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui planifie un mix énergétique de 50% de part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020, au-delà des objectifs des lois Grenelle de l’environnement qui fixent un taux de 30 % d’énergies renouvelables à la même date.

Plus de 70 installations de productions photovoltaïque étaient fonctionnelles en 2015, alors qu’elles étaient au nombre de 8 en 2008. Parmi elles, la commune de Longoni accueille depuis 2010 la première ferme photovoltaïque de l’île. Parallèlement la ferme photovoltaïque de Dzoumogné, construite en 2015, fournit une alimentation dont la consommation équivaut à celle de plus de 2000 foyers/jour. Actuellement, le photovoltaïque fournit 6% de l’alimentation électrique de l’île.

Si aucun véhicule électrique n’est présent sur le territoire, découragé par l’absence de bornes de recharge et le taux élevé de l’octroi de mer pour ce type d’importation, l’éclairage public solaire commence à séduire les communes qui espèrent éclairer les zones sombres de l’île à moindre coût.

Si ce mode de production d’énergie ne génère pas directement de déchets, les panneaux solaires constituent eux-mêmes des déchets dits dangereux. Le développement de cette technologie implique, à terme, un usage croissant de batteries, chez les particuliers ou les entreprises, pour stocker l’électricité et l’utiliser en dehors des heures d’ensoleillement. Aussi, le développement de ce type de production d’énergie est associé à un réel défi de gestion des déchets générés par cette activité, sur lequel Insidens alertait déjà via ce blog en 2015.

Renfermant des matériaux rares et polluants, les panneaux solaires et les batteries doivent en effet faire l’objet d’un recyclage particulièrement rigoureux. Malgré la dangerosité qu’ils représentent pour l’environnement (notamment par la présence de cadmium), ces composés (les terres rares) sont une source de richesse potentielle, ainsi que les autres matériaux pouvant être récupérés en les recyclant dans une logique d’économie circulaire. La majorité des composants des panneaux peuvent et doivent être recyclés (leur fabrication comprend le plus souvent 80% de verre et 10% de métaux et plastiques).

Conscient du défi posé par les déchets produits par le photovoltaïque, PV CYCLE France, éco-organisme agréé par les pouvoirs publics pour la gestion des panneaux photovoltaïques usagés, s’est implanté à Mayotte afin de fournir un service de collecte et de recyclage des panneaux photovoltaïques en fin de vie. PV Cycle a pour ambition de participer à l’atteinte d’un taux de collecte de 85% et un taux de recyclage de 85% en 2020 en France métropolitaine et dans les COM.

Le recyclage est un véritable défi pour le développement de cette nouvelle technologie et dépend des dispositifs spécifiques déployés. Insidens, que PV CYCLE France a choisi comme facilitateur local, s’y emploiera fermement, afin de sensibiliser encore et encore la population aux bienfaits de la collecte et du recyclage !

Mais si les énergies renouvelables ont de quoi séduire… Le taux d’octroi de mer sur les importations représente un problème pour leur développement. Il s’élève en effet aujourd’hui à 10% pour les panneaux solaires, ce qui limite la rentabilité de tout projet.

Ainsi, la balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics qui d’un côté encouragent les entreprises et particuliers à se tourner vers les énergies renouvelables… mais qui de l’autre, taxent…

Pour en savoir plus :

Article du Journal de Mayotte

Dossier de CD976 sur l’Octroi de Mer