Mix énergétique français : la part des sources renouvelables diminue entre 2014 et 2015… malgré une augmentation sensible des volumes produits !

Insidens,énergies renouvelables,solaire,éolien,Mayotte,transition énergétique,mix énergétique,électricité

Wind Of Change ©Walter Gustavo MERA

RTE, le gestionnaire du réseau d’électricité à haute et très haute tension français, a publié les chiffres de la production d’électricité en 2015 sur le territoire métropolitain. Et en la matière, notre pays n’est pas à un paradoxe près ! Car, malgré le volontarisme affiché des pouvoirs publics (loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, acceuil de la COP 21), la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique français a légèrement diminué entre 2014 et 2015. Un bilan en demi-teinte qu’il convient d’étudier plus précisément… sans oublier le cas de Mayotte où la problématique énergétique et les moyens associés demeurent cruciaux.


Une réelle dynamique pour les énergies solaires et éoliennes, pour une production totale par ENR qui demeure insuffisante

Le bilan est formel : l’éolien et le photovoltaïque poursuivent leur développement avec une augmentation sensible des quantités d’électricité produite sur l’année (respectivement +23,3 % et +25,1 %). La diminution de la part des énergies renouvelables (ENR) dans le mix énergétique s’explique donc principalement par une diminution de l’hydraulique (-13,7 %) et par une augmentation de la production via des sources non-renouvelables (+3 % pour le charbon, +5,3 %) pour le fioul.
Au global, s’il s’avère relativement difficile de dégager une tendance générale concernant la production d’électricité en France, un point mérite néanmoins d’être souligné : la hausse de la production d’électricité empêche les ENR d’augmenter leur « part de marché » dans le volume total. Si ce phénomène se poursuit, notre pays n’atteindra que très difficilement ses objectifs, malgré une croissance régulière et soutenue des volumes d’électricité produits par des sources renouvelables… Rappelons tout de même que la loi sur la transition énergétique ambitionne de faire tomber à 50 % la part du nucléaire en 2025 (contre 76,3 % aujourd’hui), et d’augmenter à 32 % la part du renouvelable (contre 18,7 % aujourd’hui). Impossible donc de remplir de tels objectifs sans un investissement massif dans les sources renouvelables.

Et les DOM dans tous ça ?

La part des ENR dans les mix énergétiques des outre-mer est nettement supérieure à celle de la métropole : 22% en 2015 d’après l’ADEME. Néanmoins, du fait de l’absence de centrale nucléaire dans les DOM, ces territoires produisent également une énergie nettement plus carbonée qu’en métropole. C’est notamment le cas à Mayotte, où les centrales au fioul assurent environ 94 % de la production d’électricité.

Comme sur de nombreux autres sujets, il est d’ailleurs regrettable que peu de données récentes soient publiées concernant le territoire mahorais. EDM fournit des chiffres de 2013 sur son site internet, sans préciser la composition du mix énergétique, et seul l’IEDOM publie un bilan sur le sujet dans son rapport annuel. Plusieurs actualités encourageantes sont néanmoins apparues ces derniers temps : lancement d’un chantier pour une future ferme solaire, ou encore, cette semaine, la mise en test de lampadaires autonomes alimentés par énergie solaire sur le parking d’EDM. Esperons que cette expérimentation sera très rapidement déployée sur notre île !

Pour en savoir plus :
Le panorama annuel de RTE sur les énergies renouvelables
Le dernier rapport annuel de l’IEDOM sur Mayotte
– Sur notre blog : « Développement de l’énergie solaire à Mayotte : et si on devançait la production de déchets ?« 

Laisser un commentaire