L’obligation verte… solution à la sécheresse ?

argent4La France a lancé le 3 janvier 2017 sa première obligation verte. Avec 10 milliards d’euros de dépenses annuelles potentiellement éligibles, la marge de manœuvre est donc grande pour lutter contre le changement climatique, financer l’adaptation face à la modification du climat, ou encore préserver la biodiversité et à combattre la pollution !

Pour mémoire : apparue il y a moins de 10 ans, une obligation verte ou « green bond » est un titre de dettes dédié à un projet ou une activité à vocation environnementale (protection de la biodiversité, développement de transports à faibles émissions de CO2…) : un Etat, une entreprise ou une collectivité ayant des besoins financiers pour se développer, émet des obligations. Les investisseurs (banques, assureurs…) prêtent donc de l’argent à l’émetteur qui contracte ainsi une dette envers chacun des investisseurs, qui récupèrent leur argent avec intérêts après un temps donné. Cette obligation « verte » se différencie d’une obligation classique par l’exigence d’une information précise et spécifique sur les investissements qu’elle finance et leur caractère vert tout en impliquant un risque financier identique pour les investisseurs.

C’était l’une des promesses du Président de la République : lors de la 4e conférence environnementale d’en avril dernier, il s’était en effet engagé à ce que la France émette une obligation verte souveraine avec deux objectifs phares : financer la transition énergétique et devenir un « leader de la finance verte ».

Si aujourd’hui, le gouvernement français est le second Etat à se lancer dans l’émission d’obligations vertes – après la Pologne il y a quelques semaines – les obligations vertes ont déjà séduit des émetteurs tels que des banques nationales ou internationales comme la Banque mondiale ou la Banque européenne d’investissement (BEI), mais aussi des entreprises comme EDF ou plus récemment, SNCF Réseau mais également des collectivités comme l’Ile-de-France ou Paris ou encore New York…

En effet, face à des financements de plus en plus rares et difficiles à obtenir, villes et régions ont bien compris l’intérêt de ces obligations vertes pour financer leurs projets environnementaux : gestion des transports, traitement des déchets, assainissement… les projets à financer pour les collectivités sont nombreux.

Les obligations vertes sont donc un outil de financement incontournable pour les collectivités.

A Mayotte, territoire « vert » par définition, le potentiel et les avantages de ces obligations vertes sont immenses ! Gestion des déchets, assainissement, meilleure distribution de l’eau potable… En effet, à l’heure où l’île fait face à une sécheresse extrême, le financement d’une usine de dessalement par exemple, pour permettre aux habitants d’être mieux alimentés en eau potable ne serait-il pas une solution que pourrait utiliser les collectivités ? Mayotte étant le département d’outre-mer « pilote » dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020 serait parfaitement légitime pour utiliser ces outils de financement.

Pour en savoir plus :

DP Structuration de la première obligation verte souveraine

Article de La Tribune du 3 janvier 2017

Article de Localtis.info du 9 janvier 2017