Le Président de la République présentait mardi 27 novembre le Programme Pluriannuel de l’Energie (PPE). Mais comment Mayotte qui n’a pas atteint ses objectifs quant au PPE de 2015 pourra tenir le cap ?

Le 27 novembre dernier, Emmanuel Macron présentait la très attendue « Programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), qui doit fixer dans la loi, la politique énergétique française d’ici 2028. A l’heure où s’achève la 40ème édition du plus grand salon international consacré à l’environnement, Pollutec, retour sur les principales dispositions de la loi sur la transition énergétique, adoptée en 2015, qui fixent les ambitions climatiques de la France à horizon 2030 et 2050.

Ce mardi 27 novembre, la feuille de route présentée par le Président de la République  décline certaines modalités des dispositions de la loi sur la transition énergétique, adoptée en 2015… Des objectifs qui sont pour la plupart éloignés du schéma de Mayotte, pour le nucléaire, et l’énergie, par exemple. A Mayotte, en effet, les besoins énergétiques sont assurés à 95% par deux centrales thermiques d’origine fossile (hydrocarbures), et seuls 5 % sont assurés par de l’électricité photovoltaïque.

En France, les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 14% du mix énergétique et devraient passer à 40% en 2030. La PPE prévoit notamment d’ici 2035 la fermeture de 14 réacteurs sur les 58 que compte le parc nucléaire français.

Une programmation, des objectifs et une réalité : mais Mayotte comme La Corse, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore les îles Wallis et Futuna font chacun l’objet d’une programmation pluriannuelle de l’énergie distincte.

La programmation pluriannuelle de l’énergie de Mayotte établit les priorités d’actions pour toutes les énergies du point de vue de la maîtrise, de la demande, de la diversification des sources d’énergie, de la sécurité d’approvisionnement, du développement du stockage de l’énergie et des réseaux. Elle couvre une première période de trois ans (2016-2018) et une seconde période de cinq ans (2019-2023). Cette PPE de Mayotte répond donc à des besoins spécifiques à l’île et à son développement, mais ne présente pas clairement le scénario et les objectifs qu’elle retient, pour les deux périodes définies.

En métropole, le parc éolien est le quatrième plus important d’Europe avec 13,6 GW de capacités installées en 2017, selon EDF.  A Mayotte, les objectifs à 2018 et 2023, sont de confirmer le potentiel réel de production de l’énergie à partir de l’éolien, d’améliorer la connaissance, la maîtrise du gisement et la logistique associée. Quant à l’hydrolien : aucune installation n’est à ce jour présente sur le territoire, une étude, portant sur les courants de surface uniquement, ayant montré que le potentiel hydrocinétique (courants de 1.5m/s) était trop faible pour garantir la rentabilité économique d’une telle installation.

Enfin, pour ce qui concerne l’électricité renouvelable, si la métropole dispose d’un réseau de 16 000 bornes avec un parc de 120 000 véhicules électriques, Mayotte ne dispose d’aucune borne électrique de recharge pour les véhicules électriques. Le territoire s’était pourtant fixé un objectif de déploiement des dispositifs de charge pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables de 10 bornes de recharge alimentées à partir d’électricité renouvelable en 2018. En février 2016, la conseillère départementale de Koungou, Raïssa Andhum annonçait « une phase expérimentale avec l’achat de cinq véhicules à usage interne, quatre affectés à la direction de l’environnement et une berline pour le président, avec deux unités solaires de recharge ». Le 21  novembre 2018, selon la publication de la centrale des marchés, le département de Mayotte aurait fait l’acquisition de 4 véhicules. Un chiffre faible mais qui encourage au changement. Hawa Mayotte s’est, de son côté, doté de la première Toyota Auris Hybride commercialisée sur l’île, celle-ci devenant la 3ème voiture de type hybride à circuler sur l’île.

Mayotte qui se trouve « dans l’obligation légale de parvenir à 30% d’énergies renouvelables dès 2020 » y parviendra-t-elle ?

La loi de transition énergétique pour la croissance verte a fixé des objectifs ambitieux aux zones insulaires non interconnectées au réseau électrique métropolitain français : couvrir avec des énergies renouvelables 50 % de leur mix énergétique en 2020 et  parvenir à l’autonomie énergétique en 2030. Ces objectifs ont été établis de façon à maîtriser les impacts sur le réseau public de distribution électrique et visent à ne pas augmenter les émissions de gaz à effet de serre.

Mayotte s’inscrit dans une volonté de développement mais a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Moyens en portage de projets, infrastructures, financiers, techniques et surtout dispose-telle du foncier… parler d’un parc éolien quand on ne parvient pas à mettre à disposition 500 m2 pour implanter une déchetterie implique ou nécessite de passer du concept à la réalité mahoraise !

 

Pour en savoir plus :

Programmation Pluriannuelle de l’Energie de Mayotte

Programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE)