Pour mieux comprendre les enjeux de la gestion des déchets dans les prochaines années à Mayotte, nous avons demandé à Madi SAID Président du Sidevam (Syndicat Intercommunal d’Elimination et de Valorisation des déchets de Mayotte) de répondre à quelques questions :

Avec la rupéisation qui approche la pression environnementale va être de plus en plus forte du fait de la nécessaire adaptation à la réglementation européenne : que va-t-il se passer en 2013 ?
En 2013, le Sidevam mènera deux grands chantiers.

Tout d’abord, nous allons accompagner la mise en place du tri sélectif à Mayotte. Le plan d’action se compose de 4 phases :

1/ Se rapprocher de chaque commune pour sensibiliser les élus et réfléchir avec eux sur les emplacements des Points d’Apport Volontaire

2/ Débuter la fabrication et le montage des PAV courant février-mars. Grâce à l’étroite collaboration entre Eco-Emballages et le Sidevam, il a été permis d’acter que l’assemblage de ces derniers serait effectué à Mayotte. Localement, cet engagement va se traduire par des créations d’emploi.

3/ Communiquer auprès de la population pour la sensibiliser à la mise en place de ce nouvel outil de collecte des déchets. Nous allons demander aux mahorais d’intégrer dans leurs habitudes de tri trois nouveaux gestes : la colonne de couleur verte pour le verre, la jaune pour le plastique et la bleu pour les métaux.

4/ Démarrer la collecte dès septembre 2013 dans l’ensemble des communes de l’île.

Le deuxième grand projet du Sidevam concernera dès la fin de l’année, la mise en fonctionnement du centre d’enfouissement de Dzoumogné. Actuellement le projet est dans sa phase finale et le choix du prestataire sera très prochainement annoncé. Ce projet est à fort enjeu pour le territoire mahorais puisque l’Etat français sera condamné à payer des pénalités énormes comme en Guyane si les cinq décharges sauvages illégales existant encore sur l’île ne sont pas fermées au 1er janvier 2014. La mise en service du centre d’enfouissement de Dzoumogné va permettre la fermeture opérationnelle et définitive de ces cinq décharges et lancera la voie de leur réhabilitation.

Quelles sont les principales difficultés que Mayotte doit anticiper sur le plan environnemental ?
Le respect du Code de l’Environnement à Mayotte passe par deux enjeux majeurs : la gestion des déchets et l’assainissement. En effet, ces éléments clés sont des critères déterminants pour permettre ou non à un territoire donné d’accéder à la rupéisation. Or comme vous le savez on parle tous les jours de la rupéisation et des avantages qu’elle apportera à Mayotte mais il ne faut pas oublier qu’elle s’accompagne de conditions nécessaires à sa réalisation comme entre autre, le respect du Code de l’Environnement.

Enfin n’oublions pas que le lagon fait partie de la richesse de Mayotte et que sa protection est indispensable au développement du territoire.

Que va changer la mise en place de la fiscalité locale ?
Elle va changer beaucoup de choses… Les communes et les collectivités pourront désormais percevoir des taxes autant de par les entreprises du privé que par les activités douanières. En ce qui concerne la population, il sera demandé pour la première fois aux mahorais de payer une taxe d’habitation et une taxe foncière. C’est sur ces nouveaux revenus que la collecte et le traitement des déchets seront en partie payés. Cependant, les montants perçus ne seront pas suffisants au regard des besoins. C’est pourquoi je travaille actuellement avec mon équipe pour trouver de nouveaux partenaires financiers.
Pour contacter le Sidevam : contact@sidevam.fr