Interdiction des sacs en plastique : la France s’active doucement… alors que les « continents de déchets » continuent de croître

« 7ème continent de plastique», « tourbillon de déchets », « soupe de plastique »… Les qualificatifs médiatiques ne manquent pas pour décrire les différentes zones de détritus dérivant dans les océans Pacifique, Atlantique et Indien. Essentiellement composés de déchets en plastique, ces « continents » n’ont jamais cessé de croître depuis leur découverte à la fin des années 1990. Pour autant, lorsqu’elles existent, les différentes législations concernant l’interdiction ou les restrictions d’usage des sacs en plastique peinent à être efficace face à l’ampleur du problème.

Un certain nombre de pays en voie de développement plus avancés que la France

Les sacs en plastique constituent par définition un objet de consommation non durable : quantité d’énergie consommée pour la fabrication, usage d’hydrocarbures, recyclage difficile, lenteur de la décomposition de la matière dans la nature… Face aux dommages causés par les sacs plastique, avérés depuis plusieurs années, les réponses des États se montrent disparates. Tergiversations en France, taxe au Danemark depuis 1994 (4 sacs plastique consommés par habitant et par an !), interdiction totale en Mauritanie et au Mali depuis 2013.

En outre, si les législations varient, leur possibilité d’application concrète varie également. Comme le souligne un article de Jeune Afrique, une interdiction sans contrôle ni sanction ne peut être suivie d’effet. A titre d’exemple, la législation mauritanienne prévoit des peines allant jusqu’à un an de prison et plus de 2000 euros d’amende pour les contrevenants. En France, l’interdiction prévue pour 2016 comprend quelques zones d’ombre, comme l’innocuité effective des sacs biodégradables ou « biosourcés » prévus en remplacement. Et la question d’éventuelles peines pour les professionnels ne proposant pas des sacs conformes reste posée.

Pendant ce temps, les continents de plastique continuent, eux de grossir. La superficie de la zone nommée par les ONG « grande plaque de déchets du Pacifique », qui regroupe deux « sous-continents » de plastique, aurait été multipliée par trois depuis sa découverte dans les années 1990. Elle atteindrait actuellement plus de 3 millions de km2, soit près d’un tiers de la taille de l’Europe. La composition, les caractéristiques, les mouvements de ces continents, ainsi que leurs dangers immédiats pour la faune marine, sont désormais bien connus des scientifiques et des associations.

Pourquoi le traitement politique de cette question évolue-t-il si lentement ?

Du lobby des commerçants, qui ne veut pas voir le coût des sacs se renchérir, à celui des plasturgistes, qui défend les emplois de sa filière, le sac en plastique bénéficie de défenseurs aux arguments recevables. Le sac en plastique à usage unique, le plus nocif pour l’environnement, ne constitue pour autant pas un produit de consommation responsable. Charge à eux de travailler avec les pouvoirs publics sur de véritables produits de substitution, notamment des sacs à la fois solides, réutilisables et faisant l’objet d’une filière de collecte adaptée et performante. Comme l’indique la Fédération de la plasturgie, les sacs qualifiés actuellement de « biodégradables » perturbent les filières de recyclage qui ne sont pas conçues pour les recevoir.

Pour en savoir plus :

1 Comments

  1. La Préfecture doit interdire les sacs en plastique sur les marchés de Mayotte. Pourquoi on en trouve alors que c’est interdit ? Comment ces sacs entrent-ils à Mayotte ?

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