Insidens publie aujourd’hui les résultats de la 5ème édition du Baromètre des déchets de Mayotte©. Etude d’opinion unique en son genre en ce qu’elle est le seul outil de suivi de la problématique des déchets à Mayotte sur le long terme, le Baromètre des déchets© propose pour la 5ème année consécutive un état des lieux complet de l’évolution de la perception des habitants quant à ce sujet majeur pour notre département en termes de protection de l’environnement et de santé publique.

La consultation s’est déroulée dans un contexte social très particulier, l’île a en effet été secouée par plusieurs crises majeures. Il en résulte une expression beaucoup plus libérée et une plus grande volonté des citoyens de prendre la parole. Ce contexte difficile a paradoxalement rendu un grand service au Baromètre en permettant de mettre en perspective le ressenti général de la population avec les actions engagées par les professionnels du secteur.

Le niveau de satisfaction des habitants s’améliore un peu… toutefois le niveau d’exigence, lui, augmente plus significativement

Une amélioration de l’appréciation de la qualité de la gestion des déchets… mais très timide

2017 confirme l’amélioration entamée en 2015. Les habitants donnent en effet un 4/10 à la gestion des déchets sur l’île en 2017, par rapport à une note de 3,4 en 2016.
Une amélioration en demi-teinte : difficile pour les citoyens de comprendre le décalage entre les efforts déployés et les résultats d’une gestion des déchets qui laisse à désirer. Mieux sensibilisés, les citoyens veulent voir des changements immédiats.

Une exigence accrue

Ayant goûté aux changements mis en place par les collectivités, les habitants font la comparaison avec le reste du territoire et deviennent plus exigeants.
Les plages sont le meilleur exemple de cette nouvelle exigence :

 

 

 

 

 

 

Les habitants ont intégré de nouveaux comportements et ressentent d’autant plus durement le manque d’équipements des plages. La prise en compte des enjeux environnementaux prend une part de plus en plus importante dans la vie quotidienne des citoyens.

Pour la première fois, un lien entre état de malpropreté du territoire et matériel de collecte

 

 

 

 

 

L’amélioration du sentiment de propreté chez les habitants de Mayotte est directement liée aux succès des campagnes de sensibilisation. Pour qu’elles soient efficaces, elles doivent s’adresser à une cible privilégiée : les moins de 30 ans. C’est une reprise en main de la jeune génération sur la vie quotidienne de l’île : ce sont eux qui changeront profondément les comportements.

Des habitants qui veulent devenir acteurs du changement

 

 

 

 

Réduire ses déchets plutôt que jeter
82% des citoyens estiment que réduire ses déchets est plus efficace pour protéger l’environnement que de jeter. Une nette amélioration par rapport à 2016 (+ 7%). Une conscientisation qui se traduit par la mise en place de nouveaux gestes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Réutilisation, tri, compostage : de nouveaux comportements qui s’ancrent

Le tri de certains déchets (piles, emballages, ampoules) ont fait l’objet de larges campagnes et sont plus volontiers triés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le compostage peine à se développer
Le compostage est en légère régression : environ – 2%. Or, cette pratique permet de diminuer les déchets à la source et ainsi réduire les quantités collectées par le service public.

Le compostage n’est pas installé dans le quotidien des Mahorais mais les collectivités publiques ne relâchent pas leurs efforts pour pérenniser ce geste.
Ex : la Communauté de Communes de Petite Terre et son projet de compostage individuel volontaire des biodéchets auprès de 40 foyers témoins.

Une information déterminante pour déclencher le geste de tri et l’implication citoyenne

Des habitants encore passifs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une large frange de la population de Mayotte est encore en dehors du scope de la sensibilisation à l’environnement : 55% avouent ne pas avoir été touchés par une seule campagne sur la gestion des déchets. 72% de la population s’estime ainsi très mal ou mal informée sur cette question.
La passivité de certains est donc en partie imputable à leur manque d’informations. Les campagnes d’information doivent être plus nombreuses afin d’atteindre tous les habitants et d’ancrer dans leurs habitudes des gestes éco-citoyens.

Les habitants informés qui changent leurs habitudes

L’impact de l’information sur l’adoption de nouveaux gestes de tri est particulièrement frappant lorsqu’on s’arrête sur l’exemple des piles. 58% des personnes interrogées déclarent connaitre l’existence de la filière sélective. Parmi elles, 74% déclarent trier ce déchet dangereux. Il y a donc un lien flagrant entre l’information et le changement de comportement des personnes interrogées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin de pérenniser les efforts et les changements notables déjà obtenus, le travail d’information ne doit pas être diminué.

Une communication à adapter
Si le français est de fait la langue officielle de l’île, force est de constater que tous les habitants ne le maîtrisent pas. Une adaptation et une traduction des campagnes de communication sont indispensables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette adaptation permettrait également un meilleur impact des outils développés par les pouvoirs publics. En effet, certains outils édités en français n’ont pas rencontré le public mahorais. Ainsi le guide du tri à Mayotte édité par l’ADEME est peu connu de la population (77% déclare ne pas le connaitre) .

Les résultats analysés cette année dans le Baromètre des déchets© convergent tous vers la même urgence : celle d’une communication intensifiée faisant un plus grand effort de ciblage. Appréhender les spécificités linguistiques, culturelles et historiques de la société mahoraise est primordiale pour améliorer l’impact des campagnes de communication. Sinon, les efforts déployés laisseront de côté une partie de la population qui n’adoptera jamais de nouveaux gestes respectueux de l’environnement. Ainsi, c’est bien au communicant de s’adapter à la cible et non à la cible de s’adapter à la communication en place. Il convient de parler dans le monde de la cible.

Envie d’en savoir plus ?

Consultez les résultats de la 1ère, de la 2ème édition du Baromètre , de la 3ème édition du Baromètre et de la 4ème édition du Baromètre.

La presse en parle…