L’économie mahoraise dépend beaucoup du secteur public dont la capacité d’investissement se trouve amoindrie à cause d’une situation financière dégradée.

La loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010 tire toutes les conséquences de cette situation et prévoit pour y remédier le renforcement de la coopération intercommunale, notamment par la couverture de l’ensemble du territoire français par des établissements publics de coopération intercommunale à l’horizon 2014.

En effet, les défis que représentent le développement local et la relance de la croissance ne seront relevés qu’avec le concours des pouvoirs publics locaux, l’activité des entreprises privées doit être encouragée par le biais des interventions combinées des collectivités territoriales regroupées au sein d’organismes intercommunaux.

L’intercommunalité favorise le développement économique et la relance de la politique d’aménagement du territoire, les moyens dispersés sont rassemblés et les initiatives locales structurées, les collectivités peuvent ainsi mettre en œuvre des projets d’importance à moindre coûts afin d’enclencher la redynamisation du tissu économique local.

Dès lors, des actions économiques telles que la promotion économique du territoire ; les subventions et participations pour le développement des entreprises ; le développement des infrastructures et des technologies de l’information; le développement touristique ou encore le soutien au commerce et à l’artisanat peuvent être engagées à une échelle bien plus vaste que le territoire communal.

A cet égard, l’Union européenne est un bailleur de fonds pour des projets d’envergure territoriale et, dans la perspective de son accession au statut de Région ultrapériphérique, le 101ème département français pourrait alors bénéficier des fonds structurels européens (PAC, fonds pour la pêche, politique de cohésion). L’obtention de ces financements permettrait à Mayotte de réaliser des progrès rapidement via l’impulsion de grands projets tels que le programme de construction de l’ISDnd, majoritairement financé par l’Union (8,5 millions d’euros).

Pour l’heure, le secteur institutionnel des administrations est le premier contributeur de création de richesse à Mayotte. Il est donc nécessaire de transformer cette dépendance en véritable outil de développement. Ainsi, le lancement de grands travaux notamment le développement des infrastructures, facteur essentiel pour le dynamisme économique dont Mayotte souffre le manque, permettra de soutenir un regain d’activité favorable à l’embauche dans le secteur de la construction. Pour ce faire, les collectivités seront à même d’utiliser l’effet multiplicateur de la commande publique, comme l’a fait l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

L’intercommunalité est résolument un enjeu du développement du secteur privé. Il s’agit de pérenniser l’existant, favoriser l’implantation de nouvelles entreprises et de soutenir les filières stratégiques.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics constitue assurément un moteur de l’économie mahoraise, le tourisme quant à lui représente la principale possibilité de développement de l’île. Mayotte dispose d’un grand potentiel touristique en raison de la beauté naturelle de son littoral, de son lagon, de ses mangroves et de ses forêts humides primaires. Ce potentiel pourrait être révélé par des actions menées par des structures de coopération intercommunale allant dans le sens du désenclavement de l’île, tant par les transports que par les techniques numériques.

En permettant la mise en œuvre d’une stratégie commune et continue de coopération ainsi que de mutualisation de ressources et des moyens au service de projets économiques innovants, l’intercommunalité s’impose en tant que vecteur indispensable du développement économique local, et par la même du secteur privé.