Eco-mobilité : des embouteillages de vélos à Amsterdam !

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Monticule de vélos, ©Sophie

Comme le rapportait un article du Monde en 2012, la ville d’Amsterdam se trouve relativement désemparée face à la pratique croissante du vélo par les habitants. Pourtant, la capitale néerlandaise s’avère également l’une des grandes villes européennes dans lesquelles l’intermodalité (la combinaison de plusieurs modes de transport sur un même trajet) est la plus développée. En matière d’éco-mobilité, l’exemple Amsterdamois est riche d’enseignements.

Ne négliger aucun mode de transport : une approche pragmatique de la circulation en milieu urbain

Le succès du vélo à Amsterdam n’est ni récent, ni spontané : rues étroites, territoire relativement plat, modèle d’urbanisme autour de villes dites « compactes », culture de la petite reine… à ces facteurs historiques, politiques et géographiques s’ajoutent une intense promotion de ce mode de déplacement par la municipalité : vaste réseau de pistes cyclables, nombreux parkings adaptés, feux de circulation spécifiques. Cette promotion est associée à un rapide développement des transports en commun depuis les années 1970, notamment les trains interurbains qui sillonnent la vaste conurbation située autour de la capitale (les deux agglomérations d’Amsterdam et Rotterdam abritent plus de 2,2 millions d’habitants en cumulé).

Malgré ce pragmatisme, la capitale néerlandaise souffre aujourd’hui de maux liés à la domination de la bicyclette : 33% des habitants utilisent quotidiennement le vélo, contre 20% pour les transports en commun et 19% pour la voiture. Résultats : les vastes parkings à vélos sont toujours pleins autour des principales gares, les pistes cyclables sont encombrées et certains trottoirs s’avèrent dangereux pour les piétons. Parmi les accidents graves générés par le transport, 56,6% concernent les cyclistes. Ces effets négatifs ne doivent néanmoins pas masquer le succès global de la ville en matière d’éco-mobilité. Les possibilités de transports peu ou non-polluants y sont multiples et de qualité.

Une densité de population qui facilite les transports urbains

Souvent mis en avant, le succès du vélo à Amsterdam ne constitue donc pas le point le plus important de la stratégie de mobilité urbaine développée par la ville. C’est bien la mise à disposition de plusieurs offres de transports pour un même trajet qui s’avère payante pour réduire les nuisances et le temps passé dans les déplacements.

Une stratégie permise également par un niveau de densité de population relativement maîtrisé. Si les Pays-Bas connaissent une forte densité globale (407 habitants au km2, contre 117 en France métropolitaine), elle n’explose néanmoins pas dans les plus grandes villes. Amsterdam abrite par exemple 3 645 habitants au km2, contre 10 369 à Lyon ou 21 258 à Paris.

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