Eco-mobilité : Et si le covoiturage à Mayotte passait à la vitesse supérieure ?

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S’il est relativement récent, le succès du covoiturage en métropole n’est désormais plus à prouver. Un seul exemple : la SNCF a racheté en 2013 l’un des sites internet proposant des services de covoiturage afin de se positionner sur ce secteur d’activité. À Mayotte, le covoiturage se pratique également au quotidien, avec cependant une différence de taille : il existe depuis toujours, bien avant l’arrivée de plateformes officielles et/ou commerciales ! Celles-ci sont apparues depuis quelque temps, mais la pratique doit désormais dépasser le cadre spontané et informel dans lequel elle a émergé.

Une solution évidente… sur un petit territoire

La pratique quotidienne du covoiturage à Mayotte s’explique par plusieurs facteurs. Le plus important d’entre eux : la confiance ! Celle-ci est favorisée par la taille relativement restreinte de l’île au lagon. Les habitants ont fréquemment des connaissances en commun (famille, amis), et beaucoup d’entre eux effectuent des trajets pouvant être partagés (parcours sur les mêmes routes, destinations communes).

Au-delà des relations d’amitié ou de parenté, de nombreux Mahorais font du stop régulièrement, voire quotidiennement, cette pratique étant socialement acceptée par le plus grand nombre. La mutualisation d’un véhicule le temps d’un trajet est ancienne et relativement « spontanée ». Elle n’a pas attendu le développement des plateformes internet qui permettent de commercialiser ce type de service.

Cette habitude coutumière permet paradoxalement à Mayotte de se positionner à l’avant-garde de la métropole sur cette question spécifique, au sein du large débat sur l’éco-mobilité. Néanmoins, le succès du covoiturage ne peut masquer les autres difficultés rencontrées, notamment l’absence d’un réseau de transports en commun. En outre, ce covoiturage demeure aujourd’hui peu structuré, ce qui limite son expansion… qui semble pourtant nécessaire.

Développer encore plus le covoiturage : tous les habitants de Mayotte ont à y gagner !

A Mayotte comme sur d’autres îles, la circulation routière génère tous les jours d’importants bouchons aux heures de pointe. Les Mahorais passent parfois plus d’une heure dans leur voiture pour effectuer 2 ou 3 kilomètres.

Face à l’ampleur du problème, un développement massif du covoiturage apparaît comme une solution idéale, à la fois simple, peu coûteuse à mettre en œuvre et surtout… efficace. Car les études sont formelles : une réduction de 4 à 5% du trafic permet de le fluidifier sensiblement. En outre, l’ADEME indiquait en 2011 qu’une économie de 1760 euros/an /covoitureur pouvait être réalisée pour un trajet quotidien de 30 km (soit l’équivalent d’un aller-retour Coconi Mamoudzou !). L’impact environnemental positif constitue le dernier argument imparable en faveur du covoiturage.

Les autorités publiques ont commencé à se mobiliser sur le sujet. L’ADEME et le Ministère de l’écologie ont notamment œuvré au lancement d’une plateforme officielle sur internet, permettant de mettre en contact les conducteurs et les passagers. La page Facebook de la plateforme sert également de relais aux offres et a déjà réuni plus de 1000 fans. Cependant, comme le souligne une autre étude de l’ADEME, la simple création d’un service de covoiturage local n’est pas suffisante pour garantir son succès. Une communication importante doit être effectuée autour du service pour en faire connaître l’existence et les avantages. Les différents médias mobilisés au lancement de la plateforme doivent continuer à rappeler régulièrement la nécessité de développer ce mode de transport.

La facilité avec laquelle le covoiturage pourrait prendre de l’ampleur à Mayotte doit inciter de nouveaux acteurs à se mobiliser. Le Conseil Général, au titre de sa compétence d’autorité organisatrice des transports non urbains, peut notamment se saisir de cette question. Une piste à suivre en cette année électorale ! Car les fondations sont là depuis toujours. Il suffirait de bâtir les murs pour solutionner en bonne partie les problèmes de trafic routier à Mayotte ! Ou à tout le moins limiter l’impact de l’augmentation constante du nombre de voitures sur l’île.

Pour en savoir plus :

Caractérisation de services et usages de covoiturage en France : quels impacts sur l’environnement, quelles perspectives d’amélioration ?, ADEME, Juin 2010

Le covoiturage pour les trajets domicile-travail : quel potentiel ?, actu-environnement.com, juin 2014

Le covoiturage pour les collectivités et le secteur public, présentation de l’ADEME

1 Comments

  1. la population de Mayotte est essentiellement composé de jeune, ce qui rendrai difficile la mise en place de covoiturage. or on sait qu’il faut être majeur pour prendre un covoiturage. la meilleure moyen d’éviter ce phénomène de congestion dans les rues de Mamoudzou, serai la mise en place de transport commun étant donnée que la majorité des personnes âgées ne savent pas utiliser internet.

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