Les « déchets voyageurs » : quelles pistes pour optimiser le bilan carbone dans la région de Mayotte?

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Le tri sélectif fait de plus en plus partie du quotidien des habitants de Mayotte. Les progrès faits au niveau de la sensibilisation et la formation des populations se traduisent par une croissance de la quantité et la qualité des déchets triés. La question qui se pose désormais : ces déchets triés sont-ils gérés et acheminés dans les meilleures conditions et dans le respect de la logique du développement durable ?

Les grands changements génèrent de grands espoirs, mais aussi de grandes inquiétudes. Et il y aurait, semblerait-il, de quoi s’inquiéter. Pour les déchets produits et triés à Mayotte il y a deux issues possibles : soit la gestion se fait sur place (c’est notamment le cas des déchets ménagers non-dangereux), soit, comme pour les batteries, la ferraille ou les produits issus de la collecte sélective, les infrastructures de valorisation n’existent pas. Ces déchets-là sont envoyés par cargo en métropole, en Europe ou en Asie.
Le bilan écologique et économique de l’opération semble plus que mitigé. Quid du coût de l’opération ? Du bilan carbone ? De la perte du bénéfice d’utilisation des produits valorisés sur place et de la nécessité de les exporter par cargo par la suite ?

Une meilleure éco-efficacité via la coopération territoriale : quelles actions concrètes ?

Même si on admet que l’exportation ou le transport des déchets vers la métropole représente une solution acceptable du point de vue de son empreinte écologique, il semble évident que cette démarche peut – et doit – être optimisée pour de meilleurs résultats.

Nos voisins malgaches, comoriens, réunionnais et mauriciens ont certainement les mêmes problèmes de gestion de ces types de déchets : une mutualisation des efforts permettrait une amélioration nette par rapport aux initiatives locales et peu coordonnées de chacun des territoires. L’atelier sur la gestion des déchets dans les pays de la COI, organisé par la Commission de l’Océan Indien en décembre dernier, arrive d’ailleurs aux mêmes conclusions. Cependant, il met en exergue les importants freins réglementaires, institutionnels et organisationnels à la coopération renforcée. Encore une démarche qui risque d’aboutir à une belle idée qui ne trouvera pas de réalisation concrète, faute de moyens… ou de volonté ?

Les freins à la coopération sont-ils insurmontables ? Resterons-nous dans la complaisance face à ces défis en maintenant la solution des « déchets voyageurs » au niveau local, ou nous donnerons-nous les moyens de les dépasser afin d’instaurer une solution plus viable et durable ? Les filières locales ont besoin de soutien renforcé de la part des éco-organismes et de nos responsables politiques, afin de pouvoir avancer sur ce sujet à fort impact économique et écologique pour toute la région de l’Océan Indien.

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