Disparition des baobabs, braconnage des tortues : mobilisons-nous pour la faune et la flore exceptionnelle de Mayotte !

Insidens,tortues,environnement,développement durable

Tartaruga-verde (chelonia mydas) ©Mathieu Bertrand Struck

En cette fin d’année où tous les regards se sont tournés vers la COP 21 à Paris, deux tristes nouvelles sont venues assombrir l’actualité environnementale de notre île : les baobabs de Mayotte sont de plus en plus menacés, et le nombre de tortues braconnées ne diminuerait pas, bien au contraire. S’il n’existe pas de liens directs entre ces deux actualités, elles témoignent néanmoins que la prise de conscience de la fragilité de l’écosystème mahorais est loin d’être partagée par tous les habitants de l’île… Passage en revue des principaux enseignements que nous apportent ces deux événements.


A Mayotte comme ailleurs, les associations constituent un relais indispensable à l’action des pouvoirs publics !

L’association ATOLL a envoyé les messages d’alertes concernant les baobabs. Pour les tortues, c’est le réseau REMMAT (Réseau échouage mahorais de mammifères marins et de tortues marines) qui se mobilise au quotidien. Il comprend en son sein plusieurs associations, dont Oulanga Na Nyamba. Ces acteurs associatifs, dont certains sont présents de longue date, effectuent un travail considérable à Mayotte : veille, alerte, comptabilisation, tenue de registres, communication auprès des acteurs institutionnels ou du grand public… leur rôle est absolument essentiel sur une île où, malheureusement, les moyens des pouvoirs publics ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux environnementaux et de développement.

La sensibilisation et la communication : seules voies pour véritablement préserver l’environnement à long terme

Comme nous l’avons déjà signalé sur le blog d’Insidens, le progrès économique n’est pas incompatible avec la préservation de l’environnement. Au contraire, sous certaines conditions, ces deux problématiques peuvent être associées pour accompagner le développement de Mayotte. En revanche, ces progrès ne peuvent être envisagés sans un renforcement considérable des actions de sensibilisation auprès des habitants. Ce sont par exemple les voulés effectués au pied des baobabs qui menaceraient l’espèce, en brûlant les racines. Pour régler ce problème sans entraver la liberté de quiconque, il suffirait donc d’interdire les voulés au pied de certains arbres. Arrêté préfectoral, panneau d’affichage au pied des arbres, campagnes d’informations dans les médias, événements autour des baobabs pour le grand public (l’un des plus éléments les plus typiques et les plus appréciés de l’identité végétale de Mayotte)… les moyens d’action préventifs et répressifs ne manquent pas. Et ce sont bien les efforts de sensibilisation, essentiellement auprès des plus jeunes, qui garantiront une préservation de cette espèce rare.

La répression : une action des pouvoirs publics nécessaire pour faire changer les mauvaises habitudes et punir les braconniers

Concernant les tortues, de nombreuses campagnes de communication sont effectuées régulièrement. Si un volet répressif existe également, il ne semble pas pour l’instant porter ses fruits. Le nombre de tortues tuées serait même supérieur au chiffre avancé par le REMMAT. De la brigade tortues à la police des mers, le volet répressif doit donc s’intensifier, ce qui passe par des moyens supplémentaires à l’heure où les budgets sont limités… En attendant, malgré la bonne information des habitants de Mayotte concernant les dangers encourus par les tortues du lagon, le braconnage demeure.

Pour développer notre île de façon durable, investissons immédiatement dans la préservation de son environnement ! Ces dépenses des acteurs publics ou associatifs sont indispensables pour espérer faire fructifier l’économie mahoraise dans les prochaines années.

Pour en savoir plus :
– France Mayotte Matin du 09/12/2015, Les baobabs mahorais sont eux aussi menacés
– Les Nouvelles de Mayotte du 09/12/2015, Braconnage des tortues marines : le massacre continue

Laisser un commentaire