Bilan carbone® de la coupe du monde de football: ne soyons pas dupes !

2,7 millions de tonnes équivalent CO2, c’est la projection de l’empreinte carbone de la coupe du monde 2014 de football qui se déroule en ce moment au Brésil. Mais comment interpréter ce chiffre ? L’importante quantité de gaz à effet de serre induite par un tel événement peut-elle véritablement être compensée, comme l’annonce la FIFA ? Plus largement, le montant considérable des investissements effectués pour la compétition amène à s’interroger sur leur pertinence à long terme.


Du bilan carbone® au greenwhashing, le pas est presque franchi

Même s’il était réalisé en intégralité, l’ambitieux programme de compensation carbone mis en place par la FIFA mériterait que ses principes soient précisés. Il s’appuie en effet pour une part importante sur la mobilisation des détenteurs de billets. Ceux-ci étaient invités à participer, via un site internet dédié, au programme financé par l’institution. Après inscription, le coût de leur compensation carbone est pris en charge par la Fédération. Pourquoi-donc ne l’a-t-elle pas financé directement ? Ce programme constitue potentiellement un leurre lui permettant de baser sa communication sur des données erronées, en indiquant que l’ensemble des émissions induites ont été compensées. A tout le moins, cette étape d’inscription facultative lui évite de faire exploser ses coûts.

Les résultats de cette initiative ne sont pas encore connus. Prenons-garde donc à correctement décrypter la communication à venir ! Et gardons à l’esprit qu’un bilan carbone® présente une valeur absolue qui ne peut être comprise, ni comparée, sans connaître précisément les critères de mesure utilisés.

Coupe du monde et développement durable : deux concepts antinomiques ?

Comme le rappelle ironiquement la FIFA sur son site internet, le Brésil a accueilli en 1992 le premier Sommet de la terre, consacré à l’environnement et au développement. Cette conférence internationale s’inscrivait dans la droite ligne du rapport Brundtland de 1987, qui définissait le développement durable comme « un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Une définition dans laquelle un événement comme la coupe du monde ne peut prétendre s’inscrire, malgré l’importante communication déployée par les organisateurs sur ces questions. Les neuf milliards d’euros officiellement investis par les pouvoirs publics brésiliens n’ont, à ce stade, pas tenu leurs promesses en termes de mobilité urbaine (tramway non terminé à Brasilia, possibilité de décréter un jour férié les jours de match pour fluidifier le trafic des grandes métropoles…), d’infrastructure ou de création d’emplois (au moins la moitié des 600 000 emplois promis sont temporaires).

Chez Insidens, nous nous interrogeons surtout sur la pertinence de ces choix d’investissements : quid de l’éducation ou de la protection de l’environnement dans ce pays bénéficiant d’une biodiversité unique au monde ? Comme l’ont pointé les nombreux manifestants au cours des derniers mois, des choix plus durables que la construction ou la rénovation de douze stades auraient certainement pu être effectués.

Pour aller plus loin :

3 Comments

  1. L amusement populaire n est pas développement durable compatible ?

  2. Je crois q j aime votre impertinence
    A tres vite

  3. Sur un evenement comme ça les transports en avion doivent peser sur le bilan carbone

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