Il aura fallu 20 ans pour changer le référentiel des français ; en 20 ans, le geste de tri est entré dans nos vies, il est devenu important pour être aujourd’hui considéré par 91% des français comme utile à la société. Dans les valeurs des français, il est devenu le 1er geste en faveur de l’environnement après l’extinction des lumières. Plus de 60% des français déclarent le faire tout le temps. Voilà 20 ans qu’Eco Emballages s’est engagé dans le tri sélectif et a entrepris de réaliser ce basculement.

Dans tous les cas et dans tous les contextes, les changements ne sont possibles que si les femmes et les hommes sont moteurs du changement, qu’ils s’approprient les sujets et s’engagent dans les mises en œuvre, ils doivent percevoir un intérêt à changer de pratiques et d’habitudes.

Comprenons bien les enjeux pour notre île, pour ses habitants et pour le mode de vie à Mayotte. Les rapports entre les populations et l’environnement reposent sur le principe de réciprocité ; nous puisons dans les ressources pour répondre à nos besoins mais nous ne devons pas provoquer par nos gestes quotidiens de déséquilibres majeurs qui rompraient l’équilibre. Dans le cas précis, nous devons maîtriser la pollution pour éviter les répercussions sur les éco-systèmes, une canette de soda vide abandonnée sur une plage, ce sont des métaux lourds qui sont éparpillés dans le lagon et la végétation, ingérés par les poissons. Poissons que nous sommes nous même amenés à consommer un peu plus tard.

On entend souvent dire que « Mayotte est sale, les déchets sont mal ramassés ». Dans le cadre du baromètre déchet, vous étiez 67% à penser également que l’espace public était mal entretenu.

Alors, oui, l’entretien des voiries est à repenser : oui, le service public de la collecte est améliorable : les agents territoriaux des syndicats accomplissent leurs missions avec les moyens disponibles, les moyens dépendant des finances mobilisables. Saviez vous que la plus grosse partie des poubelles est collectée avec un parc de camions en mauvais état ? Saviez vous que les agents collectent trop souvent dans des conditions dégradées du fait du mauvais état des routes, des bacs et des problèmes d’accès ?

Pour améliorer le constat, les habitants de Mayotte pensent qu’il convient de mieux informer et de sensibiliser les habitants aux dispositifs en place et que les comportements inappropriés doivent être sanctionnés par des amendes.

Mayotte est à la veille de grands changements en matière de gestion des déchets. Eco Emballages lance la première collecte sélective en octobre prochain, l’exploitation du centre de stockage des déchets devrait démarrer si les élus parviennent à s’entendre dans le sens de l’intérêt général, des filières de recyclage locale commence à émerger (ferraille, batteries, huiles usagées…)

Notre responsabilité individuelle est importante dans la réussite de la mise en place des nouveaux dispositifs ; en effet le tri sélectif repose sur une démarche individuelle. Allons nous décider de trier nos déchets ou non ?              Dans le baromètre 96% des personnes interrogées ont déclaré être prêtes.

Nous avons tous de bonnes et de mauvaises habitudes. Changer est difficile, la résistance au changement est naturelle. La forme la plus fréquente de la résistance au changement repose dans le fait d’incriminer les autres pour ce que nous considérons comme désagréable. Dans le cas des déchets, ce sont toujours les autres qui ont sali l’environnement. Pour autant en prenant un peu de recul, combien de fois n’avons-nous pas laissé tomber un papier ? Combien de fois n’avons-nous pas jeté par terre ? combien de fois avons-nous vu quelqu’un jeter quelquechose par terre sans intervenir ?

Les changements qui se présentent nous offrent une chance unique de transformer notre environnement et d’être au centre de cette transformation : le tri sélectif c’est notre décision, l’espace public ce sont en partie nos comportements.

Adoptons des comportements compatibles avec les principes du développement durable et faisons en sorte que nos pratiques d’aujourd’hui pour répondre à nos besoins n’handicapent pas les prochaines générations à répondre aux leurs.